À deux ans, les accès de colère ne répondent pas toujours aux méthodes éducatives traditionnelles. Les réactions impulsives d’un enfant à cet âge ne relèvent pas d’une volonté de défier l’autorité, mais d’un développement émotionnel encore immature.
Des stratégies précises permettent de désamorcer ces moments sans céder à la frustration ambiante ni stigmatiser l’enfant. Adapter la communication et anticiper certaines situations limite l’escalade des comportements difficiles.
Pourquoi le terrible two bouleverse autant le quotidien des parents ?
Le terrible two, cette fameuse crise des 2 ans, a le chic pour désorienter les familles. L’enfant, soudain, affirme sa volonté tout en restant dépendant de l’adulte, pris entre l’envie de grandir et l’incapacité à tout maîtriser. Ce grand écart émotionnel déclenche des accès de colère imprévisibles, souvent surprenants par leur intensité.
Refuser un repas, hurler pour une chaussette mal mise, se rouler par terre au moment de partir : ces scènes s’invitent dans le quotidien, bousculant les habitudes et la patience. Le sommeil devient instable, les réveils nocturnes se multiplient, et chaque contrariété peut virer à l’orage. Difficile, dans ce contexte, de garder ses repères éducatifs.
Il faut pourtant garder en tête que le terrible two marque une étape normale dans le développement de chaque enfant. Les recherches d’Isabelle Filliozat le rappellent : il ne s’agit pas d’une révolte contre l’adulte, mais d’une exploration des limites, alors même que le cerveau n’est pas encore équipé pour gérer frustration et attente. Une contrariété, même minime, suffit à déclencher une crise.
Les facteurs à l’origine de ces réactions sont multiples :
- Autonomie : l’enfant veut agir seul, repousse l’aide, puis s’effondre lorsqu’il échoue.
- Frustrations : le langage limité empêche de tout exprimer, la colère monte faute de mots.
- Fatigue : des nuits agitées rendent les réactions plus vives, la moindre contrariété prend des proportions inattendues.
Cette période d’opposition s’immisce ainsi dans la vie familiale, mettant à l’épreuve la créativité et la persévérance des parents au quotidien.
Comment réagir face aux crises : stratégies concrètes et astuces rassurantes
Lorsque la colère éclate, l’envie de crier ou de punir surgit parfois. Pourtant, traverser ce cap demande de trouver l’équilibre entre fermeté et compréhension, en s’appuyant sur ce que la psychologie du développement enseigne.
Première étape : accueillir l’émotion, sans la juger. Le cadre posé par l’adulte rassure et structure. « Je vois que tu es très fâché » : cette simple phrase, dite d’une voix calme, reconnaît l’émotion tout en posant les limites. « Tu as le droit d’être en colère, mais tu ne peux pas taper » : l’enfant comprend alors que la règle tient, même lorsque l’orage gronde.
Le renforcement positif joue un rôle clé. Soulignez chaque tentative de l’enfant pour exprimer sa frustration autrement qu’en criant. Un exemple : « Tu m’as dit ce que tu ressentais sans crier, bravo. » Ce type de retour encourage l’enfant à développer ses capacités d’expression et d’autocontrôle.
Pour agir concrètement, voici plusieurs leviers à privilégier :
- Restez calme, évitez de multiplier les paroles ou d’ajouter de la tension.
- Proposez une solution concrète : frapper un coussin, souffler fort, ou s’isoler pour retrouver son calme.
- Respectez le besoin de l’enfant : certains veulent une étreinte, d’autres préfèrent s’apaiser seuls.
Les spécialistes comme Isabelle Filliozat insistent : accompagner la frustration, c’est aider l’enfant à grandir, pas nier ce qu’il traverse. Patience et compréhension construisent, jour après jour, la relation parent-enfant, même lors des crises les plus vives.
Favoriser une relation positive avec son enfant malgré les tempêtes émotionnelles
Maintenir une ambiance sereine, même lorsque les émotions débordent, demande du temps et une vraie qualité d’écoute. Les parents cherchent souvent comment garder le lien, surtout quand la crise éclate sans prévenir.
Favorisez une communication sincère. Mettez des mots sur ce que vit l’enfant : « Tu sembles très fâché. » Ce réflexe, inspiré par les approches d’Isabelle Filliozat, offre à l’enfant un début de compréhension de ses propres ressentis. Même un petit effort pour dépasser la frustration mérite d’être remarqué.
L’attitude bienveillante passe aussi par des repères concrets : routines rassurantes, rituels du soir, moments de partage après la crèche. Ces habitudes aident l’enfant à se sentir en sécurité, à trouver sa place dans un cadre stable. Proposer des choix adaptés à l’âge (par exemple, choisir entre deux vêtements), confier de petites missions : autant de moyens de nourrir l’autonomie sans provoquer l’impasse.
Pour renforcer ces liens et accompagner l’enfant dans son développement, plusieurs gestes peuvent guider le quotidien :
- Nommez les émotions simplement, sans en faire une montagne.
- Encouragez l’enfant à s’exprimer, même maladroitement, plutôt que d’attendre que la crise éclate.
- Adaptez vos attentes aux capacités de l’enfant, en tenant compte de son rythme et de son stade de développement.
Le renforcement positif, félicitations, remerciements, valorisation des petits pas, consolide la relation et donne confiance à l’enfant. Cette dynamique, centrée sur la qualité du lien plutôt que sur la performance, pose les bases des compétences sociales et émotionnelles qui s’épanouiront avec le temps, bien au-delà de la période du terrible two.
Un jour, la tempête se calmera. Restera alors une relation plus solide, forgée dans la patience et la confiance. Qui sait, peut-être que ces orages d’aujourd’hui donneront naissance, demain, à un dialogue plus serein entre parents et enfants ?


